Abordons un sujet dont on parle trop peu. Celui de la violence dans les services. Certes on se souvient de l'histoire atroce de l'infirmière et de l'aide-soignante tuées à Pau, la psy étant
d'ailleurs hypermédiatisée à ce sujet. (Trop médiatisée, maintenant on en revient à il y a un demi siècle: enfermez les et laissez les pourrir dans leur geole chambre d'isolement!).
Mais ya pas que la psy dans la vie.
Pour prendre mon petit exemple, en un an et demi d'école, donc 7 mois de stage, des situations de violence j'en ai vu un paquet. Je me suis même déjà pris 2 beignes (dont une ailleurs qu'en psy).
Et j'ai plusieurs copines qui ont vécu d'autres tristes expériences.
Attention, je dis pas qu'il y a des baston dans tous les services, tout le temps! Mais ça reste un peu trop présent.
La violence dans les services, elle est d'abord verbale. Ca me choque de voir combien de fois le personnel soignant se fait insulter (pourtant on se dit qu'ils sont là pour aider...). En dehors des
cas pathologiques, pour lesquels c'est la maladie qui parle (à la limite on peut comprendre), le soin devient quelque chose de tellement commercial que certains patients pensent avoir la
permission d'exiger tout, tout de suite. Et si ça arrive pas assez vite, on est une grosse *biiiiiiip* et puis d'abord "j'ai plein de potes à l'extérieur et ils vont te retrouver!!!" (dans ces cas
là on psychote pendant plusieurs jours parce que quelqu'un de très intelligent a décidé que notre nom, notre prénom, notre adresse soient sur
notre sein gauche en permanence).
Enfin bref, ensuite si on a de la chance, on peut se prendre un taquet dans la tête sans prévenir. Le cas étant bien sûr beaucoup plus fréquent en psy, ou il faut souvent séparer des patients
batailleurs, ou la frustration est assez mal vécue, où un geste qui nous parait anodin peut être extrêmement agressif pour certains patients (exemple: passer à la droite d'un patient autiste peut
être insupportable pour lui). Après une fois qu'on connait les patients et qu'on arrive à s'adapter à leurs rituels, ça se passe beaucoup mieux. De même, la phase de stupeur passée en psy, on
arrive plus ou moins à gérer la situation de crise.
Tout ça si bien qu'ils en sont arrivés à l'école à nous donner des cours sommaires de self défense. Moi en rentrant en formation, j'aurais jamais imaginé qu'il faudrait en passer par là. Maintenant
je sais séparer 2 patients qui se battent (enfin face à un gars de 2 metres 50, 300 kgs et vert je fais pas le poids, on est d'accord...), immobiliser un patient au sol, me dégager si il me
coince, lui répondre et l'apaiser si il devient agressif.
Et après on nous dit qu'un soignant doit laisser ses émotions de côté.
Franchement des fois on se demande ce qui va nous arriver dans les années à venir.
CoMmEnTaIrEs